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de l'Epiphanie et de la Croix à Samoëns
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ASSASINAT DU PERE HAMEL, LA FORCE DE L'AMOUR

BOULEVERSEMENT AUX ASSISES : Aumônier de prison pendant 11 ans, j’ai assisté à un certain nombre de procès d’assises. Souvent, les victimes ou leurs familles expriment leur souffrance. Certains crient vengeance, ce qui est douloureux à entendre. Et puis, il y a des surprises, des moments de grâce qui font craquer le grand spectacle institutionnel. Les quelques pardons que j’ai entendu donner en public font l’effet d’une bombe. Le procès des assassins du père Hamel, égorgé en juillet 2016 à la fin de sa messe, en a été l’illustration. M. Guy Coponet, aujourd’hui 92 ans, est appelé comme témoin. Fervent paroissien, il participait à l’eucharistie de ce jour. Les agresseurs l’ont poignardé et laissé pour mort au pied de l’autel. Il raconte d’une voix faible mais nette, le déroulement du massacre : l’irruption des assassins, l’égorgement du prêtre, les coups de couteau qui s’abattent sur lui-même. Allongé sur les marches, il reste immobile, comme mort. Et c’est la prière qui devient le centre de son attention : « on rentre en prière perpétuelle. On a l’impression d’être dans une retraite spirituelle, on fait le bilan de ce qu’on a fait, ce vers quoi on peut aller. » Et soudain, il cite le « Je vous salue Marie » qu’il disait. Ou plutôt il le récite en entier devant la Cour stupéfaite. Il n’est plus dans le passé sanglant, ou dans le présent solennel. Il est dans la prière, une prière qui domine tout. On réalise que pour ce vieil homme, l’union à Dieu passe avant le crime. L’amour du Christ dépasse la fureur des hommes. On lui demande : Qu’attendez-vous de ce procès en vous constituant partie civile ? ». Il répond sans détours : « Que ceux qui ont donné des ordres, que ceux qui ont formé ceux qui sont venus, que ces gens-là viennent demander pardon à tous ceux à qui ils ont fait de la peine. Ce serait un tel rétablissement de communauté ». Pour cet homme de foi, seul compte le retour à la communion de tous, coupables compris. Il ajoute : « Quand on ne pardonne pas, cela devient de la haine ». Alors, l’un des accusés se lève et demande la parole : « J’ai été bouleversé par votre témoignage,… Je vous demande pardon de ne pas avoir fait plus pour empêcher mon cousin d’agir. C’était une négligence criminelle. Je pense à vous et au père Hamel tous les jours depuis 5 ans. » Belle illustration de l’évangile de ce dimanche ! Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Le pardon du Christ est une force qui bouleverse le monde. Philippe de Kergorlay, prêtre
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